Chine – Dague-Hache « Ge » – Bronze archaïque – Période des Royaumes Combattants (5ᵉ / 3ᵉ siècle BC.)

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Cette tête de dague-hache est un exemple classique de l’armement de la Chine ancienne, période où le bronze atteignait un sommet de maîtrise technique. Le Ge était l’arme par excellence des troupes d’élite, fixée perpendiculairement à une longue hampe.

La lame (yuan) présente une courbure élégante vers le bas, s’affinant jusqu’à une pointe effilée encore très bien conservée. La partie verticale descendante (hu) et le talon rectangulaire (nei) sont munis de fentes de laçage horizontales et verticales, essentielles pour assurer la stabilité de la tête sur son manche en bois lors des impacts. L’objet est recouvert d’une patine « malachite » d’un vert profond, parsemée de concrétions sédimentaires brunes et d’oxydations croûteuses naturelles. Cette minéralisation atteste d’un long séjour en contexte archéologique. La structure du bronze demeure saine malgré l’érosion des tranchants. Les dimensions de 27,5 cm en font une pièce de belle importance. Les modèles plus courants mesurent souvent entre 18 et 22 cm. La netteté des fentes de laçage augmente ici son intérêt documentaire.

Analyse « macro » de la surface: Sur un bronze de cette époque (environ 2 300 ans), la surface n’est plus du métal, mais une succession de couches minérales complexes. Voici le détail des dépôts et patines visibles, qui constituent de véritables certificats d’authenticité visuels :

La Patine « Malachite » (Le vert dominant), c’est la couche de carbonate de cuivre basique.

Vert profond, mat, parfois finement granuleux. Elle indique un séjour prolongé dans un sol aéré et humide. Contrairement aux fausses patines (peintures ou acides rapides), celle-ci fait corps avec le métal. Elle est « croûteuse » (on parle de patine noble), ce qui signifie qu’elle a remplacé la surface originelle du bronze par un processus de minéralisation lente.

L’Azurite (Les points bleu sombre), près du talon (nei), des éclats d’un bleu très foncé.

Cristaux d’un bleu profond, souvent associés au vert. C’est le « graal » du collectionneur de bronzes archéologiques. L’azurite ne se forme que dans des conditions de carbonatation très spécifiques et sur une durée extrêmement longue. Sa présence est un immense marqueur d’ancienneté.

Les Concrétions de Cuprite (Le rouge/brun sous-jacent), sous le vert, on aperçoit des zones brun-rougeâtre.

Oxyde de cuivre (Cu2O) qui se forme au contact direct du noyau de métal restant. C’est la couche de transition. Dans les ébréchures de la lame, voir ce rouge sous le vert confirme la structure stratifiée de la corrosion. Une copie n’aura souvent qu’une seule couche de couleur superficielle.

Les Dépôts Sédimentaires (Les zones ocre/beige). Ce sont les restes du sol de fouille (silice, argile, calcaire).

Concrétions dures, presque pierreuses, incrustées dans les fentes de laçage et sur les plats de la lame. On voit clairement que ces dépôts sont « amalgamés » à la corrosion du bronze. Ils ne sont pas simplement posés dessus (comme de la boue séchée), mais soudés chimiquement au métal par le temps. C’est ce qu’on appelle une « gangue ».

Origine : Chine

Époque: Dynastie Zhou Oriental (770-256 BC) / Période des Royaumes Combattants (474-221 BC)

Dimensions : Longueur : 27,5 cm | Hauteur : 12 cm (hors socle)

Conditions: Minéralisation qui atteste d’un long séjour en contexte archéologique. La structure du bronze demeure saine malgré l’érosion des tranchants.

Provenance: Collection particulière belge.

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